« Il faut me chercher tel que je suis dans ce que j’écris » A. de St Exupery
J’avoue, ce matin, j’ai eu du mal à émerger de mon sommeil. Etait-ce la reprise du travail hier, ces nuits morcelées auxquelles je m’habitue tout juste ou une simple paresse ?
Si je m’étais levé à l’aube, j’aurais peut-être pu le prévenir du danger, l’aider dans ce combat inégal ou même le sauver.
Mais au lieu de cela, je me prélassais dans mes draps, voguant entre rêves et cauchemars.
Je n’ai découvert les traces du drame que vers 9h15 lorsque j’ouvris mes volets de bois : ses traces de pas s’avançant inconsciemment vers le ventre du monstre, à peine quelques stigmates d’une faible résistance puis plus rien. Le vide bitumineux et les empreintes d’une lâche fuite.
Je crois que mon voisin a été dévoré par un monstre. Une voiture probablement. Plus rien à faire pour lui, je suis allé petit-déjeuner.