« Il faut me chercher tel que je suis dans ce que j’écris » A. de St Exupery
Internet est une source d’informations intarissable. Seul problème : la quantité d’information disponible est proportionnelle à la variété des réponses que l’on peut y trouver (en clair, on y trouve tout et son contraire… et parfois tout et n’importe quoi).
Le jeune parent montagnard qui lance une recherche Google pour « bébé et altitude » (espérant trouver les risques liés à la montée d’un bébé en altitude et les précautions à prendre) trouvera tout un éventail de réponses allant :
De… un bébé de 6 mois pourrait faire l’ascension de l’Everest à pied sans risque particulier… s’il savait marcher (conseil généralement donné par un ex-himalayiste ayant abandonné quelques neurones sur les plus hauts sommets de la planète)
A… si vous emmenez votre bébé au dessus de 1000 mètres et qu’il échappe à un problème cardiaque, il aura inévitablement des otites à répétition toute sa vie (conseil généralement donné par une mère de famille dont la voisine connait bien un pédiatre marié à une spécialiste en ORL).
En passant par… si vous avez fait un bébé, ce n’est pas pour continuer à faire de la montagne… parents indignes (conseil généralement donné par une personne n’ayant pas d’enfants).
Voici donc notre petite expérience dans le domaine. Elle n’est ni scientifique, ni médicale, ni recommandable (quoique) : chaque bébé est surement unique. Chaque expérience aussi.
Les faits :
- Lieu d’habitation à 575 m.
- A 1,5 mois, A. est montée à 1200 m.
- A 6 mois, A. est montée à 1800 m.
Les précautions prises :
- On a fait les variations d’altitude le plus lentement possible. A pied, le rythme semble suffisamment lent pour laisser le corps du bébé s’adapter. En voiture, on montait et on descendait lentement. Pour les gros dénivelés (600 m ou +), on a fait une pause d’une vingtaine de minutes au milieu. Sur notre 1ère montée en altitude (à 1,5 mois), notre enfant s’est mis à pleurer sans explication : on s’est arrêté et on est redescendu un peu. Quand c’était possible, on faisait coïncider un dénivelé avec un biberon : la déglutition permet au bébé de faire sa compensation de pression au niveau des oreilles.
- Il nous a semblé raisonnable de ne pas dépasser les 1200 mètres dans les 3 premiers mois et de ne pas dépasser les 2000 m dans la 1ère année.
Mon avis personnel (toujours ni scientifique, ni médicale, ni recommandable) sur les bébés en montagne :
- Je m’étais aventuré à poser la question (dans quelles conditions emmener un bébé en montagne) sur un forum. Certains ne comprenaient pas l’intérêt d’emmener un bébé en montagne, environnement a priori inadapté voir dangereux (altitude, chute, déshydratation, froid, soleil…). En ce qui nous concerne, A. s’éclate en extérieur. Ses parents aussi. Cela participe donc à l’éveil de l’enfant et au bien-être des parents. Pourquoi s’en priver alors qu’avec certaines précautions (dont le respect du rythme du bébé), cela ne pose pas de problème ? Oui, il y a un risque médical avéré dont il faut tenir compte. Mais en étant à l’écoute du bébé, il ne nous semble pas mettre sa santé en péril. Après, c’est un choix personnel à adapter aux envies des parents et à la capacité d’adaptation de l’enfant.
Une dernière histoire drôle :
- On déconseille vaguement l’altitude aux bébés (on trouve sur internet de nombreux conseils incitant à une extrême prudence pendant la 1ère année) mais ils peuvent prendre l’avion dès le 1er mois. Sur votre prochain vol en avion, vous ferez l’expérience de prendre un altimètre. En vol, l’altitude indiquée compte tenu de la pressurisation de la cabine (donc ressentie réellement) oscille vers 2000 à 2200 mètres… altitude clairement déconseillée à un bébé sur le plancher des vaches. Le lobby des aviateurs serait-il plus fort que celui des montagnards ? On peut le croire !
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