« Il faut me chercher tel que je suis dans ce que j’écris » A. de St Exupery

Hier, alors que ma ville d’adoption brillait sous les feux de la rampe olympique, je l’abandonnais quelques heures pour soutenir celle de mes racines dans son combat européen. Une journée bien remplie !
Annecy donc, candidate française pour les Jeux Olympiques de 2018. C’est évidemment une fierté et une joie pour cette ville éminemment sportive. Alors, ne boudons pas ce plaisir même s’il soulève quelques questions.
Des questions d’ordre économique sur l’investissement financier que cette candidature implique (plusieurs centaines de millions d’euros).
Des questions d’ordre écologique à cause de l’impact qu’auront nécessairement certains équipements (je pense tout particulièrement au tremplin de saut prévu aux Confins - La Clusaz).
Des questions d’ordre logique : faut-il investir les forces vives d’une ville pendant 2 ans si l’échec est au bout du chemin ? En effet, après Turin en 2006 (Europe), Vancouver en 2010 (Amériques), Sochi en 2014 (Europe), j’ai bien peur que le Comité Olympique soit tenté d’attribuer les JO à une ville asiatique (Pyeong Chang en Corée en l’occurrence).
Ceci dit, c’est bien là l’esprit du sport que de se battre pour obtenir une victoire quand bien même celle-ci serait hypothétique… et je serai supporter de cette candidature !
C’était le débat de la soirée aux alentours du stade Geoffroy Guichard hier : s’investir ou on dans un combat presque perdu d’avance. Ici, le choix a été différent et il a été décidé de laisser échapper volontairement les chances de victoire.
Mais là encore, je ne veux pas bouder ce plaisir. Et hier, dans la tribune nord, je me sentais bien seul à me réjouir de cette soirée. Malgré le niveau moyen de « notre » équipe, malgré la défaite, malgré les 400 kilomètres à faire dans la soirée… et malgré le peu de sommeil que m’imposerait une présence à mon poste professionnel le lendemain à la première heure.
Oui, ces instants m’ont fait vibrer car un parcours en coupe d’Europe pour un stéphanois (qu’il aime le foot ou non) a toujours un goût particulier ;
Car c’est toujours un plaisir, pour le proche expatrié que je suis, de revenir vers la ville de son cœur ;
Car il me plait de me promener aux abords de ce stade si particulier avant les matchs (le fameux chaudron avec son ambiance, ses tribunes à l’anglaise ouvertes aux 4 vents ; son implantation au milieu des vieilles usines de briques rouges) ;
Car, avant le coup d’envoi, j’ai toujours un grand plaisir à voir communier 35 000 personnes à l’unisson ;
Car, là plus qu’ailleurs, je sens battre le cœur de cette ville.
Pendant ces instants, je m’impose d’oublier les petits à côtés qui font les travers de ce sport si populaire. Alors, oui, j’ose le dire (moi qui vante les vertus de la montagne), j’ai pris du plaisir dans ce stade pendant cette campagne européenne et ça m’a fait plaisir de la partager avec vous : Vincent, Alain et les autres...
