« Il faut me chercher tel que je suis dans ce que j’écris » A. de St Exupery
Je n'avais jamais osé mettre des photos de ces instants sur ce blog. Parce qu'ils appartiennent à une autre époque... et que l'avenir est devant nous.
Et puis aujourd'hui, la beauté sans égale des premières neiges sur les sommets a fait rejaillir des souvenirs. Des visages. Des instants. Parmi ce fouillis vomi par mon subconscient, il y avait cette image que je suis retourné chercher dans mes photos. C'était peut-être une bonne idée. Peut-être pas.
"Le désert est le milieu de la révélation, il est génétiquement et physiologiquement autre, sensoriellement austère, esthétiquement abstrait, historiquement hostile... Ses formes sont puissantes et suggestives. L'esprit est cerné par la lumière et l'espace, par la nouveauté cénesthésique de la sécheresse, par la température et par le vent. Le ciel du désert nous entoure de toute part, majestueux, terrible. Dans d'autres lieux, la ligne d'horizon est brisée ou cachée ; ici, unie à ce qui se trouve au-dessus de notre tête, elle est infiniment plus vaste que dans les paysages ondoyants et les régions de forêts. Quand le ciel est dégagé, les nuages paraissent plus massifs et parfois ils donnent sur leur surface inférieure concave un reflet grandiose de la courbure de la terre...
Les prophètes et les ermites vont dans le désert. Les exilés et les pèlerins le traversent. C'est ici que les fondateurs des grandes religions ont cherché les vertus spirituelles et thérapeutiques de la retraite, non pour fuir mais pour trouver le réel."
Paul Shepard, L'homme dans le paysage, un aperçu historique de l'esthétique de la nature