« Il faut me chercher tel que je suis dans ce que j’écris » A. de St Exupery

Il me restera…
Des millions d’étoiles dans le ciel, comme autant de monde inconnu à découvrir.
La morsure du froid dans la longue montée et la caresse du soleil sous le sommet.
La beauté silencieuse d’une moraine perdue au fond des Ecrins.
L’amitié simple et franche d’une cordée,
Et ces instants magiques où plus rien d’autre ne semble exister que nous et la montagne.
Il me restera…
L’odeur de la soupe, le soir au bivouac, pendant que l’arène des pics s’embrase sous les derniers rayons du soleil.
La simplicité d’une arête de neige, fil fragile tissé entre deux pics.
Les reflets bleutés d’un ruisseau gelé par la morsure de l’hiver.
Des traces qui s’entrecroisent dans la poudreuse,
Et ces combats dans la tempête avant l’arrivée au refuge.
Il me restera…
Des réveils fourbus au bord d’un lac de montagne et le rire des marmottes.
L’odeur des pins au retour des neiges éternelles.
Une parole écrite sur le livre d’or d’un petit refuge.
Des vires inaccessibles pour que dansent les chamois,
Et ces mois d’attente, de désir et de rêve avant que les conditions soient bonnes.
Il me restera…
La naïveté d’une gentiane au bord des derniers névés du printemps.
L’arrivée au sommet derrière de vrais amis et des éclats de rire.
Le rêve inaccessible d’une montagne parfaite.
Le retour de l’hiver qui efface nos traces pour nous offrir des pentes sans cesse vierges,
Et quelques sommets sans noms ni altitude comme autant de pics inviolés.
Cela est tout ce que je possède. C’est l’héritage que j’ai reçu et que je te transmettrai.
Mais peut-être que de tout cela, tu ne voudras pas. Alors ce sera à toi de m’offrir ton monde.